Interview « les sourciers »

octobre 16, 2016
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INTERVIEW « on est allé rencontrer »:

Marion et Nicolas Sarlé, aka les Sourciers, se sont installés dans le Gers en 2013 pour gérer une des premières serres hydroponiques en France. Ils ont découvert l’hydroponie en Argentine, mais se sentant un peu à l’étroit dans leurs 2 pièces sans jardin, ils ont décidés de venir faire (re)découvrir l’hydroponie en France. Les sourciers vendent entre autre des plantes & aromates rares aux chefs du Gers, mais font aussi un peu de vente direct grâce à la ruche qui dit oui, et ils proposent également des formations et des visites de leur ferme. Pour être allés à leur rencontre, mélange d’odeurs et de saveurs, vous n’en serez pas déçu ! Merci les Sourciers !

A-t-il été difficile de s’installer en hydroponie ?

Il n’a pas été dur de trouver une serre et le matériel. Par contre le plus difficile est qu’il n’y avait aucun autre modèle économique de ce type existant. De plus personne ne nous soutenait. C’est tout nouveau en Europe, et l’on partait vraiment du commencement, alors il a fallu convaincre certaines personnes, et prouver que c’était économiquement viable.

Etes vous heureux d’avoir choisi cette voie ?

Complétement ! C’est un rêve, on a une passion et on vit de notre passion. Forcément quand on se lève le matin on a la banane !

A quoi ressemble une journée dans votre ferme ? 

Il n’y a pas 2 jours pareil ! Mais disons qu’une journée type ressemble à cela : on se lève avant le lever du soleil et lorsque le soleil apparaît nous sommes sur le chemin de la serre. On travail avec le soleil, donc on se lève très tôt en été, plus tard en hiver. On doit récolter les commandes pour les chefs, qui nous envoie leur commandes par textos, facebook, mail, et parfois même au dernier moment ! C’est un peu le moment de rush dans la serre. Pendant que les gens boivent leur café, nous on est déjà à 1000 à l’heure ! Ensuite on part livrer aux chefs. Selon les commandes nous devons y aller les 2 et se partager le travail, autrement, 1 seul y va et l’autre peut rester dans la serre pour y travailler. On finit de livrer vers 14 :00. On a déjà fait 7:00 de travail, mais on est qu’à la moitié de la journée ! En été, on ne peut pas retourner travailler dans la serre avant 17 :00, donc on se sert de ce temps ci pour aller acheter des outils, trainer à Leroy Merlin, faires des articles pour facebook, notre blog, des e-mails etc. Là nos potes nous proposent d’aller boire l’apéro, mais nous c’est direction la serre jusqu’à la tombée de la nuit.

Vous avez une anecdote que vous aimez bien raconter à propos de votre ferme ?

Il y en a un milliard ! Celle qui me vient en tête, c’est qu’au début de notre projet, la chambre d’agriculture nous a un peu rit au nez sur la surface cultivable que l’on avait (600m2). Selon eux, une personne seule ne pourrait pas vivre de ça. Toujours selon eux, il fallait que l’on cultive des cérélaes, type maïs etc, pour être rentable. Ils nous prenaient pour des hippies alors que notre projet était très sérieux. Aujourd’hui, à 2 sur cette petite surface on arrive à en vivre plutôt bien pour les agriculteur !!

Et que diriez vous aux personnes qui « critiquent » l’hydroponie ?

Ils n’ont pas complétement tort, mais ils ne voient que la moitié des choses. En fait c’est comme en terre, il y en a qui cultive très bien la terre comme ceux qui travaillent en bio, et d’autres qui mettent des pesticides … En hydroponie c’est exactement pareil ! Il y a ceux qui travaillent en circuit ouvert avec des substrats pas recyclables et des doses de minéraux hallucinantes pour faire de la quantité, et ceux qui travaillent en respectant l’environnement afin de produire des plantes de qualité.  C’est un peu plus compliqué, c’est certain, mais c’est faisable et rentable. C’est un peu le message que l’on essai de faire passer. Bien entendu le procédé est encore améliorable, c’est pour ça qu’on communique beaucoup sur notre activité sur les réseaux sociaux, etc… On a besoin de beaucoup de cerveaux et de visions différentes pour faire avancer les choses.

Et vous, l’aquaponie vous en pensez quoi ?

Pour moi c’est le niveau 3 ! L’hydroponie minérale c’est le niveau 1. Tu donnes à tes plantes exactement de quoi elles ont besoin et au bon moment. La bioponie c’est le niveau 2. En bioponie on reproduit exactement ce qui se fait dans la terre (un mélange de matière minérales et organiques plus des bactéries). Le niveau 3 c’est l’aquaponie !

C’est quoi la bioponie ? Vous fonctionnez en bioponie ?

Nous on est un peu hybride ! On fait un mixe d’hydroponie minérale et de bioponie. D’ailleurs beaucoup de gens commencent à s’intéresser à cela et nous contactent ! La bioponie, c’est reproduire les conditions que l’on peut trouver dans le sol. En très gros, dans le sol il y a des roches, lorsque l’eau coule dessus, elle « décroche » des ions, qui se trouvent alors dissout dans cette eau. Ces ions dissout sont assimilables par les plantes ! Dans la terre, les plantes se nourrissent de 90% de matières minérales, qui proviennent des roches, mais aussi 10% de matières organiques qui sont décomposés par des bactéries. Les bactéries cassent les molécules en ions qui sont ensuite assimilable par les plantes. Dans notre système, nous ajoutons en plus des engrais minéraux, de la matière organique (type: mélasse de betteraves rouges, thé de lombric etc…) et des bactéries.

Cet hiver vous êtes parti 2 mois faire un tour du monde des initiatives en hydroponie et aquaponie, c’est génial, racontez nous un petit peu ?

C’était trop trop bien ! En fait en Europe c’est assez nouveau du coup les projets sont récents, beaucoup de projets n’ont que 3 ou 4 ans. A l’étranger on a pu voir des projets qui ont déjà 10 ou 15 ans c’est très intéressant de voir ces nouveaux modèles économiques, leurs fournisseurs, comment ils font pour en vivre. Ils ont de l’expérience et c’est super enrichissant ! En fait pour nous c’est aussi un apport pour nos formations que l’on propose. On a mis de côté l’argent que l’on a gagné pendant les formations passées pour faire ce voyage. Cela nous permet d’enrichir nos formations de pleins de nouvelles données, et de partager ces connaissances.

Alors c’est possible de partir en vacances même en étant agriculteur ? Oui bien sur ! Tout le monde peut le faire ! Même les agriculteurs en terre sont plus tranquille en hiver, il suffit de s’organiser. Mais c’est vrai que là on a pris beaucoup de vacances et cette année on a du travail !

Avez vous d’autres projets de ce genre, ou dans votre ferme ? 

On en un 1 milliard ☺! Mais aujourd’hui on aide beaucoup de petits projets en en agriculture urbaine à se mettre en place. On fait donc pas mal de conseils pour de super projets à venir !

Nous savons que vous proposez des formations, comment est ce possible de s’inscrire pour y participer?

Vous pouvez vous inscrire sur notre site Web. On a aussi créé une 2eme société exclusivement pour la formation, comme ça les personnes peuvent se faire financer leur formation par pole emploi ou d’autres aides !

 

Pour en savoir plus sur les sourciers : http://lessourciers.com

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